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jeudi 20 mars 2014

Percer

Une craque. Dans le mur.

Parce que j'en peux plus de me retenir, parce que j'ai oublié comment revenir et parce que la voix que j'entends quand j'écris est insupportable. Écrire n'importe quoi plutôt que l'écouter. Tout pour la faire taire, mais puisqu'elle lit derrière mon épaule, impossible. J'ai oublié comment je sonnais vraie. Avant.

Avant de m'éteindre à force d'avoir tout brûlé. Parce que j'ai vraiment tout brûlé. Éventuellement décidée à partir.

Pas encore.

Tentatives rouillées, morceaux de chair qui pendent encore, on verra.

La grammaire n'a plus d'importance, j'ai oublié comment on parle en français. J'ai envie de dire n'importe quoi, de trouver ça beau, d'inventer des sons qui apaiseront mon âme trop serrée pour laisser passer l'air du temps. Le printemps m'est revenu. Il sent bon, la neige fondue et le pot que je fumais avant d'avoir l'âge de conduire.

Rien de fou, rien de fou. Tout à dire, je vous volerai un soir d'étourderies, alors que nos pieds qui se suivent en cadence rament au son de la musique. Je vous volerai un sourire, et puis deux.

Le rideau m'escamotera.

vendredi 13 novembre 2009

Contraste en ce vendredi 13.

Le coeur qui brûle et qui avale tout, du plomb aux commissures des lèvres, le sourire impossible, la bouche qui traîne par terre. L'envie sourde de s'endormir, de boire tout l'alcool de la ville, de décoller, de s'engourdir de sexe.

Et puis au détour d'un sourire sur St-Denis reprendre espoir l'espace d'un moment, les dents fières, le regard perçant, avancant le coeur flottant sur ces notes féériques qui emplissent l'air de la station Berri.

Merci à vous deux, Monsieur le camelot et Monsieur le chinois qui jouait de la flûte traversière: vous avez fait ma soirée.

vendredi 27 février 2009

Un peu plus bas sur St-Denis

Du haut de mon bureau, la fenêtre qui finit de sécher, j'attends la fin de mon shift. Mes pensées voguent de mon décolleté à l'ordinateur, en passant par tout ce qui affiche l'heure. Je repense à ces petits moments, depuis hier, qui sournoisement ont commencé à s'infiltrer dans mon sang allergique à la routine.

Des moments de pur bonheur où je me surprend d'aimer ça. Où j'ai l'impression que j'ai donné un bon service et que le client est chanceux de m'avoir. Des moment où je repars en riant toute seule jusqu'à mon bureau.

Eh ben... on aura tout vu.

vendredi 17 octobre 2008

Je savoure...

...d'avoir ce monde littéraire rien qu'à moi, de savoir que tu ne liras jamais assez vite pour rattraper ces boûts de vie que j'ai fait miens, ou même que toutes ces phrases ne t'intéressent tout simplement pas.

...j'évite ainsi que tu découvres l'imposture, la source intarrisable de mon imagination, les rêves de mon enfance, ces mots que je cris parfois, ces idées, ces personnages dans ma tête. Je veux être celle qui te les montre, si tu venais à les voir à travers tes propres yeux seulement, j'aurais peur de faire pâle figure ou que tu ne me vois en pièces détachées.

Et cette peur m'est insoutenable.

mercredi 1 octobre 2008

Les joies quotidiennes.


La bombe


Mon nouveau gérant : En passant, peux-tu essayer de ne pas chanter quand tu es à la caisse ?



La réaction

Hum... est-ce que je lâche ma job ? Non... quand même. Mieux vaut attendre et l'affronter. Mais... ah et puis, je pourrais lâcher ma job et aller chanter ailleurs. Ceci dit, je vais quand même attendre.

Tout ne tiens qu'à si peu...

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---EDIT: en plus c'était : Give peace a chance !---

jeudi 10 juillet 2008

Moment d'émotion.

Une autre partie de mon incompréhension face à la vie enfin levée.


Conversation entre moi et le gérant, que je vais affectueusement appeler : mon boss, pour l'occasion. (Parce que pas mal tout le monde est mon boss dans la compagnie haha)

Mon boss : En tout cas, je vais m'ennuyer de travailler avec toi, j'aurais pu personne avec qui m'astiner.

Moi : ...

Mon boss : C'est vrai dans le fond t'es une fille vraiment intelligente (moi vraiment touchée ), des fois tu l'es juste un peu trop.

Moi : Hein ?

Mon boss : Ben les filles trop intelligentes ça fait peur aux hommes, tu te trouveras jamais de gars qui va être capable d'avoir le dernier mot avec toi.

Moi : Crime ça doit bien exister quelqu'un de supérieur. (haha)

Mon boss : Oublie ça. Peut-être qu'un jour, tu vas finir par comprendre. T'es vraiment une fille bien.


*J'ai raccourcis la conversation parce que de mémoire, je suis pas très bonne pour rapporter fidèlement, mais j'ai été très émue pendant un moment de voir que mon gérant qui est quelqu'un de très gêné, me sort enfin le fond de sa pensée. Ah... :)

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Ah.. s'il savait... ;)

dimanche 6 juillet 2008

La fille.

Lorsqu'on la croisait sur la rue, on la détaillait rapidement de haut en bas.

Un bandeau bleu et blanc recouvrait ses cheveux courts, un t-shirt très simplement ajusté sur ses petits seins, l'absence de soutient-gorge, un jeans délavé et troué trop grand pour elle qui lui tombait sur les hanches laissant voir une fine bande de peau, et pour complèter le tout, détail inusité de cette description, une paire de talon haut. On voyait à son sourire que chaque détail, malgré les apparences, n'avait été laissé au hasard. Elle marchait tranquillement sur la rue et les gens étaient sensible à son passage. Elle était belle. Elle était libre.

dimanche 29 juin 2008

Suivre l'étoile ou « Le début de la fin.»



Je n'ai jamais eu envie de faire ce travail-là de toute façon. Je n'ai jamais eu envie de faire ce travail-là de toute façon. Je n'ai jamais eu envie de faire ce travail-là de toute façon.

Je m'étais dit qu'en le répètant, j'aurais pu me convaincre, peut-être. Je me suis dit que j'allais éviter d'être triste, que j'allais m'en sauver d'avoir à faire mon deuil de ma routine, que j'allais me sentir libérée et forte, courageuse.

Je suis lâche.

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J'aimais ce travail, j'en étais amoureuse, au point d'en être dépendante. Deux fois. Deux fois, je l'ai quitté en me disant que c'était fini, outrée lorsqu'il m'a murmuré à l'oreille : « Je te jure, tu vas finir par t'ennuyer.» Comme à un commandement, j'ai obéi. Et je me suis ennuyée.

Je suis revenue.

La première fois un peu sur la pointe des pieds, un peu réticante. Je l'ai quitté pour le premier boulot venu.

La deuxièment fois, comme un malaise, tu avais besoin de moi et moi de toi. J'ai voulu y mettre des conditions, tu as fais la sourde oreille. Tu as posé les tiennes, j'ai accepté, un peu à contrecoeur, en sachant que ce n'était pas tant la demande elle-même plus que la peine de savoir que tu avais besoin de la formuler. Trois mois, m'as-tu demandé. J'ai dit oui, promis, je reste au moins trois mois.

En terminant les cours, j'ai réalisé que je m'étais ré-habituée à toi, que j'étais confortable, comme un vieil amour, attirant parce qu'on est en terrain connue. L'attrait de la routine face à l'inconnu. J'ai craquée, et j'ai choisi de rester plus longtemps. *

Je me suis bercée d'illusions pendant quelques semaines. Je me suis endormie, peu à peu, dans tes bras chaque jour, j'ai senti le poison de la dépendance couler en moi.

Je crois que l'intoxication m'a réveillée. Mon corps et mon coeur se sont révoltés en bloc pour me dire que j'étais en train de me tuer, lentement, j'ai laissé mon âme rouiller.

Je ne chante plus sous la douche.

Je n'arrive plus à manger le matin.

J'ai mal au ventre.


L'amour ne fait pas mal, c'est l'absence d'amour qui blesse. (Citation dont j'ai, honteusement, oublié l'auteur.)

Trois mois. J'ai doublé le temps que tu espèrais de moi, et ça ne sera jamais assez.


Que dire de plus ? On a eu nos beaux moments, j'ai cru que ça marcherait, que c'était différent. Si les gens ne changent pas, alors le travail non plus. N'empêche que tu vas me manquer, pourtant, cette fois, de ce nouveau vide va naître quelque chose de beau. J'en suis sure.






* : Je crois bien, en y repensant, que ça été le début de la fin. C'est dur de renier un rêve. Ou de croire qu'on le fait. La fin elle, n'est pas encore complétée. J'y reviendrai.

mardi 24 juin 2008

Liberté + Inconnu = Peur ?

Je quitte mon emploi. Je donne ma démission le 7 juillet et ma derniere journée ne dépassera pas le 19 juillet. À partir du 20 Juillet, je serai de nouveau sans emploi. Le vide. La peur.


Et la liberté. De choisir.

On paye trop cher ce qu'on croit ne pas tenir entre nos mains.


.

À l'intérieur de moi ce vide. Je tend l'oreille, je tente d'écouter, en vain, une voix que j'étouffe depuis trop longtemps. Elle se tait, probablement en train d'attendre que je lui demande pardon.

...

Je suis désolée.

...

Toutes ces voix qui argumentent dans ma tête en espèrant avoir raison. Et dans mon coeur, un silence lourd à porter si ce n'est des rares mots qui tombent de mon stylos.

.

Je dois retrouver la foi.