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jeudi 23 septembre 2010

La pleine lune

Écrire pour les autres ? Peut-être si je n'écris plus pour moi. Écrire pour la peine ? Elle devient plus lourde à porter qu'auparavant, c'est peut-être la rondeur de la lune, ou celle moins prononcée de mes seins, mais quelque chose cloche. Je perds pied sans me rattraper, je reste au sol, j'ai assez pris de coups.

Et au loin tu me renvois une image de moi qui sourit, dans laquelle je me suis prise mainte fois à espérer qu'on verrait au travers. Moi la grande, la fabuleuse ou plutôt la petite fille qui fabule de grandes histoires. Aussi grand que toi. Tu me manques.

Un aimant qui me repoussait, en changeant de vibration m'a attirée dans son champ, clouée au sol, moi qui voulait décoller à nouveau, je reste. Avec toi.

En équilibre. J'avance sur un nouveau fil tendu devant moi, à même le sol, j'oscille doucement dans tes bras.

jeudi 12 mars 2009

sans voix.

Envie d'écrire ces mots qui me reste coincés au fond de la gorge. Ceux que je ne me permet pas de dire. Ceux qui sont trop vrai, trop quétaine, trop sérieux ou franchement trop léger pour que je les laisse en liberté et que les gens puissent voir mes petits travers.

Je pratique l'Excès controlé.

Je ne sais plus à quel moment ce merveilleux piège s'est enclenché sur moi. J'ai décidé que je serais parfaite, oui oui. Mais pas de ces Miss Parfaite insipide dont ces messieurs se lasse après y avoir goûté. Non. J'allais être indépendante, cajoleuse, bouleversante, intense, enjouée, boudeuse... La liste est longue. Pour chaque caractéristique, je trouvais un moment approprié pour l'employer.

Grisant. Comme conduire un véhicule à une vitesse folle en dérapant dans la neige pour finalement s'en sortir indemme. Si je m'en suis sortie aussi bien jusqu'à maintenant, certain n'ont pas eu cette chance.

J'ai souvent éjecté des passagers en cour de route.

Mon but n'a jamais été que vous m'aimiez. Je n'ai jamais voulu que vous contrôler.

Et puis, quelqu'un s'est planté au milieu de ma route et j'ai fait un croche pour l'éviter; Je suis rentrée dans le mur.

Ce jour là, tu m'as sauvé la vie et je t'ai laissé faire.

jeudi 28 août 2008

Citation en deux temps.

Je suis tellement, et de loin, tellement plus intéressante lorsqu'on ne me connait pas.

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C'est sur. Y'a juste les fuckés qui ont envie de faire des casses-têtes 3000 morceaux, et y'as juste les pires qui en viennent à bout. Les autres font juste se dire : «Heille hen, ça doit prend du temps mais maudit que c'est beau!»

**

Merci, pas d'autographe.

jeudi 29 mai 2008

Ménage de printemps - Prise 2 ou «La bicyclette»


Je lui en ai voulu longtemps, à cette bicyclette. De toute la place qu'elle prenait sur mon balcon et dans ton coeur.
De cette liberté qu'elle t'offrait que je ne pouvais comprendre puisque j'avais juré de ne plus remonter sur de type
d'engin depuis que j'avais perdu le contrôle du mien, il y a presque 8 ans de ça.

Je lui en voulais d'autant plus que j'en avais peur. Peur de cet objet inerte qui prenait vie lorsque tu t'y assoyais pour
parcourir la ville des heures durant, sans revenir. J'aurais dû me méfier.

Dégonfler ses pneus ? Je ne sais pas ce que j'aurais bien pu faire pour éviter que cette journée là, je me retrouve
seule sur ce même balcon, à te regarder descendre les escaliers avec cette foutu bicyclette. Je ne sais pas non plus pourquoi je n'ai même pas bougé quand je t'ai vu, une fois en bas, te retourner une dernière fois, puis enfourcher ta
monture pour disparaître au détour d'un mur de briques. Cette fois là, tu n'es pas revenu, tu m'avais prévenue.

C'est vrai que j'ai pleuré, pas comme dans les films, j'avais le coeur trop serré pour qu'une larme ne s'évade jusque dans mes yeux. Pendant plusieurs semaines, j'ai couru jusqu'au balcon au moindre bruit, dans l'espoir que ce soit toi. Tu n'es pas revenu. Même si je déteste toujours autant les bicyclettes, j'ai fini par comprendre.

J'en ai mis du temps.

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image : http://artfiles.art.com/images/-/Miguel-Dominguez/Bicyclette-Est-Print-C10310423.jpeg

jeudi 15 mai 2008

Ménage de printemps.

..


Tu as laissé comme une empreinte poussièreuse sur ma peau. Une odeur sans goût, une odeur de renfermé, de grenier, une odeur oublié. Tu es disparu un matin, le vent soufflait sur tes baskets, peut-être que tu t'es trompé de rue et que tu as décidé de ne jamais rentrer. Sur le coup, j'ai pas compris. Je me suis dit que ça passerait, que j'aurais la chance de tout t'expliquer, que ma bouche ferait enfin parler la tienne.




Ce que j'ai voulu oublier aussitot, c'est cette blessure profonde que je portais en moi, celle que tu as achevé d'agrandir en ne revenant pas. Je me suis demandé pourquoi c'était aussi douloureux de repenser à toi, pourquoi j'étais incapable de te laisser partir.


J'en ai mis du temps.
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dimanche 16 décembre 2007

En regardant passer la neige...

-J'ai peur Papa.

-Je sais, ma grande, ça va passer.

-Papa, pourquoi on vieilli ?

-Parce que c'est comme ça, chéri, c'est dans la nature, toute chose naît, grandi, vieilli et puis meurt.

-As-tu peur de mourir, Papa ?

-Oui, ça m'arrive.

-Moi aussi...

-C'est normal, ma puce.

***