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dimanche 30 novembre 2014

Crier

qu'est-ce qui me retient? sans majuscule. qu'est-ce qui me retient de crier? de les alerter tous, que ça va pas bien?

je le fais déjà assez, non? ils s'inquiètent déjà assez, non? même lui. il m'a dit, les gens s'inquiètent, qu'il m'a dit. il m'a dit. mais pas lui. je sais pas non, peut-être. il m'a dit que j'étais qu'une amie, que c'était bien chouette et que malgré que je ne comprennes plus rien, au pourquoi et au comment on est devenu amants, que malgré que je n'ai pas suivi la retransition rapide vers l'amitié, j'imagine que tu t'inquiètes quand même un peu. un peu.

si c'était pas compliqué ça ne m'intéresserait pas, non? sais pas. je me demande comment laisser tomber, sans laisser tomber. comment arrêter de me parler comme si je ne valais rien. comment arrêter d'espérer que quelqu'un me sauve de moi. comment je continue d'avoir mal d'ouvrir mon coeur et de l'offrir au piétinage des passants. surtout de toi. toi. t'es parti, tu m'as dis que tu reviendrais. on verra. je t'ai perdu, tu t'es perdu, on s'est perdus. je sais pas. peut-être que c'est moi qui est partie, au fond.

mémoires. drues. compassion refoulée, perdue dans un chantier d'attaques personnelles. j'tannée. j'tannée en crisse. c'est pas beau mais c'est ça.

crier parce que j'tanné en crisse. de la colère qui me ronge en dedans pendant que la cortisol s'abîme à répétition dans tous les systèmes qu'elle croit si bien défendre. j'en veux pu mais yé trop tard. je suis bien protégée. trop bien protégée. la vie passe pas. la vie passera pas. crier. parce que je suis pas encore morte. crier pour qu'on vienne me chercher qu'on me trouve, qu'on me sorte de là. crier parce que c'est juste ça qu'il me reste à faire, parce que j'en peux plus.

si t'étais pas partie, ça aurait pu être pire.

jeudi 19 juin 2014

Violence

Ta peau dans la mienne, à travers mes dents, à travers mes poings crispés. Une fantaisie, pour rendre ça sécuritaire, une idée de violence pour s'éclater à travers nos têtes. Hell. I feel like hell and I don't even know what that means. Violence qui parcoure mon corps en cherchant un échappatoire. L'écriture. Le fantasme insensé, ne reculant devant rien d'imaginaire. All this mental destruction makes me feel safe.

Je t'aime.

jeudi 5 juin 2014

It may have slipped my mind

Death. Sometimes brutal, sometimes natural endings. When I picked this card, I knew that you and I weren't ending. But something about us is. I've felt it coming, there is nothing to deny. The pain I've felt from being in your life has surpassed the joy. It's causing me distress. Speaking of which, it's rendered me non-productive and I can't allow that. Even if I would still drop everything if given the chance, just to be with you. something tells me it would be worth it.

There is too much suffering.

This won't qualify. It's over.

Whatever comes next is up to us. As in: it's entirely up to you, don't you let me lose you this way. I'm fading out. It's loud - right at you - my heart is being loud and you, surely, are hearing it and playing silly while I die a little more each day. So much drama. so.much.drama. You said this, I said that. And above all, what you DIDN'T say. It's killing me.

This is a part that I'm letting go of, I'll burn it with my journals when the time comes.

Still, if I didn't think of messaging you a thousand times today, I didn't think of it at all.

lundi 26 mai 2014

Menacée

Une sensation que je connais trop bien, le plancher qui s'ouvre sous mes pieds, le sang qui afflue au visage, les picotements, l'engourdissement. Un bruit sourd. Mon coeur qui tombe par terre. Je le savais, mais j'espérais le contraire. Par contre je sens ta présence. Une nouvelle contradiction, plus on s'éloigne plus tu te rapproches. Plus je suis vraie plus ton attention se raffine. Je t'ai encore perdu. Ou est-ce que ... ?


samedi 9 février 2013

Autodafé

Les mots qui me brûlent les yeux au passage, je ne les laisse plus sortir. Ils cognent dans mon ventre, grimpent dans mes poumons, ils ragent. C'est la fois de trop. Celle qui fait tanguer toutes les autres, chavirer le bateau. J'ai pris tout ce que j'avais de précieux et je l'ai détruit.


Cette nuit, je m'ai tué. J'ai rêvé que le ciel brûlait. 

vendredi 11 janvier 2013

Te laisser partir...

J'ai cru que c'était fait déjà. Je me suis bien bernée. Tes derniers mots sont restés en travers de ma gorge, impossible à avaler. J'ai refusé de croire. Je n'ai pas voulu, faire une croix et accepter que ta vie serait beaucoup mieux sans moi. Déjà presque deux ans que je m'acharne à ne pas oublier, malgré les autres, malgré l'amour, la douleur, le temps. Deux ans, c'est quand même long quand on oublie de refermer une blessure. On se rappelle bien de ce qu'on veut. J'ai de doux souvenirs de toi. Malgré les déchirures et les moins beaux moments, ce sont nos moments de rires, de tendresse et de complicité qui me reviennent. Ta vivacité, ton humeur, ton sourire, tes yeux me manquent. Je deviens nostalgique pendant que ce ménage te pousse hors de ma vie. Je ne gardais certains objets que dans l'espoir que tu reviennes sur ta décision un jour, que nous soyons amis. Je vais me rendre à l'évidence, ces objets ne me serviront plus. Ils retiennent la poussière, ma vie passée, m'attristent et me demandent de revenir en arrière.


Je suis triste de te voir partir. Je vais te saluer, longuement, par la fenêtre, je sais que tu ne te retourneras pas. Tes mots ont été durs, j'ai mis du temps à les réaliser.

Merci.

lundi 10 décembre 2012

La plume dans la gorge

Jamais contente. C'est surement vrai. On l'a dit. Tu l'as dit. Et puis nos chemins se sont séparés. Je suis restée là. Comme une petite fille. À attendre. Pour finalement dire... «heille... je suis pu fâchée...» Mais t'étais plus là. T'étais parti pour vrai. Parce que je suis jamais contente. C'est logique. Quand je t'ai retrouvé, tu m'as dit que tu  ne voulais plus jamais me voir. J'ai pleuré. Encore aujourd'hui, ça me fait bizarre. J'imagine que c'est la neige qui me fait cet effet là. N'importe quoi pour blâmer autre chose que mes cicatrices mal fermées.

J'arrive jamais à choisir quel fil remonter en premier. Je suis prise au milieu de tous ces bouts de ficelle qui s'entremêle et quand le chat est venu jouer avec, j'ai ramassé une plume. Après l'avoir planté dans ma gorge, j'ai vu que je pouvais écrire avec.


dimanche 18 novembre 2012

Beau bordel

Je me suis mise à trop penser à ce que tu allais penser de ce que je pensais alors que tu aurais pensé que j'ai pensé à ce que tu allais penser.

Je me suis mise à retenir des petits bouts pour ne pas faire peur, à altérer mes sourires pour y mettre plus de chaleur. Je me maquille, je mets du rouge à lèvres qui ne sera plus là à mon retour. Je parle trop pour qu'il y reste. Mon maquillage est clair, pour être jolie il faut se taire. C'est plus que du n'importe quoi. Plus je lutte pour être sincère avec moi-même, plus mon impression d'être fausse augmente. Et je ne me sens en vie que dans les extrêmes, suspendue entre eux. Un alignement de mots, une confession calculée, un appel à l'aide. L'impression que ma peau ne peut me contenir plus longtemps, que j'ai besoin de tes bras pour me retenir, me recoller. Et une envie de silence, une envie de regarder vraiment.

Une envie de fuite. Cet espace est de création, je t'y déformerai, contredirai, attacherai, détacherai et jetterai. Je t'y aimerai, aussi, sous mon maquillage et mes sourires, le temps d'une page d'amour romantique. Mes mots seront toujours plus changeant que mon visage, ils sont des oiseaux affolés. Ils refusent à se laisser prendre, même de moi, justement. Même de moi, en ce moment. Ils se sont sauvé, tu es entré dans le territoire maudit. Rien n'explose, tout s'est fait silencieux. Ils observent, gardent le moment de la chute, de la trappe qui s'ouvrira dans le sol sous tes pas.

Et je me suis mise à trop penser que tu allais penser que j'avais pensé à ce que tu allais penser avant de penser des mots qui au fond ne pourrait que foutre un beau gros bordel. 


dimanche 4 novembre 2012

Poupée

Je souris, les yeux dans le vide. À l'intérieur de moi,  je raccorde l'image et la pensée magique. Celle qui me tiendra encore un moment, celle qui me fera avancer. Je m'accroche malgré le vide. J'ai trébuché si souvent que je tremble à l'idée de traverser la rue, même si tu es de l'autre coté. Tu m'as vu, je l'ai vu dans tes yeux. J'ai essayé de te faire signe mais je me suis figée sur place quand j'ai senti une main glacée sur mon corps. La même. Celle qui me rappelle à moi-même que je ne suis pas faite pour aimer, mais bien pour leur apprendre à le faire. Une poupée de chiffons, jolie, sans plus. Du genre à laquelle on peut s'attacher le temps d'une saison, ou d'une soirée.

Je voudrais tant. Je ne fais que vouloir. L'amour, l'attention, l'affection, la tendresse, l'étreinte. Oh, comme je les veux. Je m'en contenterais d'un bout si c'est tout ce qu'on voudrait bien me donner.

Et je me rends compte à quel point je suis mon unique prisonnière, derrière les sourires et les mots, je gratte le mur dans l'espoir de passer de l'autre coté. Doucement. Et quand je vous voir partir, j'ai envie de hurler pendant que cette main me retient, encore une fois, ses doigts dans ma bouche pendant que je pleure de rage. Je n'ai pas le droit. Je n'ai pas le droit de vous retenir et à partir du moment où vous vous intéressez à moi je vous ai déjà perdu. C'est elle qui me tient compagnie, elle qui me borde sans flatter mes cheveux, elle qui soutient ma démarche quand tout s'embrouille, elle qui me dit de continuer pendant qu'elle m'étouffe. Elle prend toute la place. Sa caresse me fait frisonner de dégoût. Je me lève et m'endors avec elle.

La maladie.


mercredi 30 mars 2011

Puisque c'est comme ça

Écrire pour plaire, parce qu'on sait que cette personne va nous lire, parce que c'est la seule façon qu'il nous reste de séduire le monde quand on nous prend nos mécanismes de défense, un à un. Parce que la lumière éclaire la partie d'ombre qui nous servait à écrire. Parce que la nuit revient quand même. À chaque fois.

J'ai menti.

Je veux bien croire que j'ai changé un peu. Je me sens différente. Plus fragile, moins grande. J'ai eu tout le loisir de reconstruire un barrage différent cette fois. Plus sophistiqué.

Mais pas plus sage.

Je m'épuise.

Ça me fait mal à chaque fois de m'ouvrir.

et cette voix qui revient de plus en plus souvent...

vendredi 17 décembre 2010

La lune me pèse

Ce soir le poids de ces mots que j'ai empilé derrière moi m'étouffe un peu. J'entend la porte en bas s'ouvrir il arrive. Ce ne sera pas ce soir que j'écrirai on dirait. Je me cherche une nouvelle peau. Un peu comme un papillon. Je ne sais pas de quoi elle aura l'air. Mais elle sera belle, c'est sur. Elle sera belle.

Serais-je belle ?

samedi 20 mars 2010

Fuite

Puisqu'il faudra que j'apprenne à ralentir. C'est ce que je me suis dis hier, avant qu'il ne se penche vers moi pour embraser mon corps et faire voler les vêtements autour de moi. Comme un tour de magie, je me suis retrouvée nue.

Je ne me suis pas sentie libre, j'ai fuie à l'intérieur de moi, je n'ai pas réussi à grandir, la petite fille ne veut plus jouer, elle devient un pantin qui a trop bien appris ses répliques. Et ils tombent.

Je n'ai pas trouvé la paix, moi qui n'en fini plus d'oublier que je dois la poursuivre à l'intérieur de moi et non sur le corps des autres. Je n'ai pas trouvé la confiance, l'instant présent et la maitrîse de soi.

Je me suis désarticulée, les genoux repliés, les pognets solidement retenus, j'ai râlé mes pulsions. Une fois de plus.


Je m'en suis retournée, légère et lourde de mes péchés, dans ce vide qui n'en fini plus de grandir étrangement à l'intérieur de moi.

mercredi 10 février 2010

Du haut de mon vertige.

Je suis malade, le monde tangue. Perte de sensation du coté droit, vertige, vertige. Je tombe, les murs se déplacent sans moi, je reste au fond du lit, pétrifiée. À me demander pourquoi mon corps à moi me parle aussi fort alors que les autres restent debout dans l'adversité, comment j'en suis arrivée à ce mélange de culpabilité et de soulagement.

Comment j'en arrive aussi à comprendre rapidement, à me relever, à poursuivre. Mon coeur ne cesse jamais vraiment de battre même quand il rate un coup parce que je croise ton regard.

La victoire sur soi-même.

Sempre, sempre, sempre... ?

mercredi 23 décembre 2009

Songes

Je me demande où tu es, où vous êtes, ces sombres qui m'ont marquée chacune à leur façon. Dans la chair et l'esprit, sournoisement, sous la peau, jusqu'à impossibilité d'oublier. Les yeux qui jouent de mauvais tours, le coeur qui s'arrête au détour d'un profil un peu trop familier qu'on sait hélas étranger. Je me rappelle la douleur, je me rappelle les rires.

Et ces moments où mon souffle court cherchait l'air de rien à rattraper tous ces instants en filature.

J'imagine que j'ai juste disparue dans un coin de ton imagination, j'ai peut-être été décevante, je me juge si sévèrement parfois. Je me demande quelle était la raison... de tous ces abandons.

vendredi 13 novembre 2009

Contraste en ce vendredi 13.

Le coeur qui brûle et qui avale tout, du plomb aux commissures des lèvres, le sourire impossible, la bouche qui traîne par terre. L'envie sourde de s'endormir, de boire tout l'alcool de la ville, de décoller, de s'engourdir de sexe.

Et puis au détour d'un sourire sur St-Denis reprendre espoir l'espace d'un moment, les dents fières, le regard perçant, avancant le coeur flottant sur ces notes féériques qui emplissent l'air de la station Berri.

Merci à vous deux, Monsieur le camelot et Monsieur le chinois qui jouait de la flûte traversière: vous avez fait ma soirée.

mercredi 23 septembre 2009

Miroir


Je suis passée de l'autre coté, je la vois, elle me sourit.

vendredi 8 mai 2009

J'ai perdu mon innocence.

Les textes que j'écris ne sont plus légers, je les ai enterré ailleurs.

De la vrai lourdeur, tu sais, comme celle que l'on buvait ensemble.

Le rire que j'émets ne semble plus flotter dans l'air, je l'ai laissé se casser sur les murs.

Comme du vrai verre, tu te rappelles, celui que je lançais dans la rue.

Mon regard n'est plus aussi docile qu'avant, il fuit vers les coins.

Comme de la vrai douleur, qu'on veut cacher.

Avant je croyais que le monde était beau, maintenant je le sais. Et ça fait mal.

jeudi 12 mars 2009

sans voix.

Envie d'écrire ces mots qui me reste coincés au fond de la gorge. Ceux que je ne me permet pas de dire. Ceux qui sont trop vrai, trop quétaine, trop sérieux ou franchement trop léger pour que je les laisse en liberté et que les gens puissent voir mes petits travers.

Je pratique l'Excès controlé.

Je ne sais plus à quel moment ce merveilleux piège s'est enclenché sur moi. J'ai décidé que je serais parfaite, oui oui. Mais pas de ces Miss Parfaite insipide dont ces messieurs se lasse après y avoir goûté. Non. J'allais être indépendante, cajoleuse, bouleversante, intense, enjouée, boudeuse... La liste est longue. Pour chaque caractéristique, je trouvais un moment approprié pour l'employer.

Grisant. Comme conduire un véhicule à une vitesse folle en dérapant dans la neige pour finalement s'en sortir indemme. Si je m'en suis sortie aussi bien jusqu'à maintenant, certain n'ont pas eu cette chance.

J'ai souvent éjecté des passagers en cour de route.

Mon but n'a jamais été que vous m'aimiez. Je n'ai jamais voulu que vous contrôler.

Et puis, quelqu'un s'est planté au milieu de ma route et j'ai fait un croche pour l'éviter; Je suis rentrée dans le mur.

Ce jour là, tu m'as sauvé la vie et je t'ai laissé faire.

lundi 9 mars 2009

Naufrage

Il part et je me noie de larmes. Je tente de les retenir mais voilà qu'elles roulent sur mon nez, entraînant tout sur leur passage. Je ne suis que boule d'émotion. Il n'est pas encore parti que déjà, il me manque. Est-ce mon incapacité à vivre dans le présent qui fait que je suis trop touché parce que ce que nous avons véçu et que je pleure déjà pour ce qui se produira ?

J'en ai marre d'entendre cette voix qui sonne faux dans ma tête. Celle qui ne donne jamais les bons conseils. Celle qui se réjouie de me voir pleurer et qui s'inquiète lorsque le bonheur reste trop longtemps à ma portée. Celle qui bousille tout.

Elle m'en veut de l'abandonner derrière moi, de ne pas lui faire une place dans mon monde. Celle que je veux laisser tomber est mesquine, braillarde, bornée et susceptible. Elle se plaint tout le temps. Elle veut que tout le monde l'aime alors elle fait semblant.

Il n'y a que toi qui semble parfois l'apaiser. Et puis, elle se surprend à sourire et comme pour se repentir, mord aussitôt la main qui la cajolait l'instant d'avant.

lundi 2 mars 2009

à quoi tu t'attendais ?

Quand t'es entré dans l'restau', y'avait pas grand monde. Deux ou trois alcoco' qui avait pas mieux à faire que de m'emmerder à 2 heures du matin, juste avant la fin de mon shift. J'ai eu à peine trois secondes pour me resaisir, mais je t'ai lancé un regard allumé juste à temps pendant que je disais : " Tiens v'la un nouveau, j'te donne une table proche du stage si tu m'donnes ton nom"

Bon c'était boiteux, mais t'as souris pour montrer tes belles dents pis sur le coup, j'me suis d'mandé c'que tu faisais icitte. T'as répondu : "Moé c'est Johnny, pis c'est tout', j'suis venu te parler ma belle Pauline"

Dans ma tête, ça spinnait pas possible, j'essayais de retrouver où j'avais pu t'voir avant, mais y'avait zéro souvenir qui me remontait pis c'était évident que t'avais pas mal de chance d'avoir eu mon nom à que'que part d'autre. Aussi vite que ça tournait, je t'ai répondu. "Alright, coco, c'est tout' ça qui disent, c'est tout' ça qui disent. J'ai ben hâte de voir c'que tu m'veux." Tu m'as fait un clin d'oeil comme pour m'rassurer que j'avais pas à être sur mes gardes avec toé Johnny.

Mais t'étais pas le premier spécimen que j'voyais tsé. J'en avais vu d'autre, comme y disent. Je t'ai rendu ton clin d'oeil pis j'me suis r'tourné vers le stage pour te montrer ta table pis aussi ben, pour te laisser deux secondes pour m'watcher ben comme 'faut.

T'es passé juste à coté de moé en m'frolant une fesse, pis j'ai pas pu m'empêcher d'avoir un frisson. J'me suis dit que tu savais surement c'que tu faisais alors que j'étais mieux d'avoir l'air pas plus allumée que d'habitude.

T'as sorti toute un pile de cash pis tu m'as r'gardé avec un air vicieux que j'avais vu ben trop souvent pour être impressionnée. Tu m'as fait signe de danser. J'ai penché la tête vers la clock sur le mur. T'as murmuré "Alright, je sais que ton shift fini bientôt, on ira jaser ailleurs." C'est à ce moment là que je me suis dit que t'étais soit complètement peté ou ben complètement débile. Dans un cas ou l'autre, t'avais du cash à me faire couler sur le corps alors j'm'en foutais comme de l'an 40, comme y dise.

J'ai dansé comme ça pendant une vintaine de minute. T'en avais surement pu beaucoup sur toé pis moé ben, j'commençais à être tannée, fak j'ai décidé que ça valait pu la peine. J't'ai dit que c'était la dernière parce qu'y fallait que j'aille commencer à fermer l'bar après.

Pas mal tout le monde était parti sauf Luc mais lui j'étais jamais capable de l'réveiller fak souvent y dormait dans batisse. On savait tou'é deux qu'y faisait exprès parce qu'y'avait nul part où aller. Je l'aimais ben Luc fak je l' laissais faire. Y dérangeait jamais.

C'est pas comme le feeling que j'avais à propos d'toé. J'sentais que t'allais m'faire du troub'. T'étais pas vieux, genre 27 ans, j't'aurais ben amené avec moé mais bon, à mon âge j'avais pu juste ça à faire courrir les p'tits jeunes. Tu m'as lancé un regard amusé, pareil comme si tu suivais mes pensées pis sur le coup, j'me suis dit que je devenais parano' et que c'était tout le temps ça le signal d'alarme.

Je t'ai foutu dehors comme tout le monde à 3h du mat'. Tu m'as suivi jusqu'à mon char pi LÀ j'ai commencé à m'énerver. J't'ai dit de faire de l'air. T'as dit : "C'est pas comme ça qu'on parle à des gentlemens qui veulent vous aider." Pis t'as sorti ton gun. Ah ben là cibouère, j'ai vu rouge. T'as pas vu mon pied partir. T'as même pas eu le temps d'enlever l'cran d'sécurité pis d'me trouer.

T'étais plié en deux à terre pis tu braillais de douleur, comme un gosse de 6 ans. J'ai ramassé ton gun avec mes gants pis j'ai signalé le 911. Juste pour être sure que t'allais pas rebouger encore, je t'ai donné un autre coup d'talons haut.

À ce moment là, j'me suis dit que c'était quand même parfait. J't'ai regardé pis t'avais perdu connaissance. J'ai sorti un petit sachet blanc de ma sacoche, tsé celui qui sert en cas d'urgence, pis je l'ai glissé dans ta veste. La police aime ben ça quand je leur apporte des p'tits délinquants dans ton genre.

J'les ai laissé t'embarquer Johnny pis j'ai eu le feeling que ça avait trop ben marché.