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samedi 17 novembre 2012

Des miettes de toi

Il y a des miettes de toi dans mon lit, parmi les oreillers et les couvertes, éparses. Des miettes de mots, de choses à dire, pareilles qu'une journée qui bourdonne et qui nous épuise. Des miettes de toi qui m'ont suivie, qui ont collé à ma peau, glissées dans ma gorge. Sur moi, je sens ton odeur, ton corps.  Ce soir, j'entends ta souffrance, elle me prend au coeur, je la porte avec moi.

Je suis là.

Il y a 
comme
un enfant 
qui s'éloigne
en chantant.

De ce pas
l'homme
qui ressent
se soigne
en dormant.

Un saule
ne porte plus
le poids
de ses ans.

L'épaule
rompue
se rend
doucement.

Rien
ne
se perd.

Train
de
frontières.

Si tôt
je chavire.

You know,
what I fear.

Une peur

de douceur.

jeudi 29 décembre 2011

Alive

The sole thought of flying under the big top was keeping her awake. She'd dream of movement her body could not even recreate before a lot of pain and practice had walked her days.

But she was alive. Oh very well alive and ideas were bursting through her.

Cause baby you're a firework.

dimanche 31 mai 2009

Un espace où l'on s'oblige à jouer, pour mieux apprendre à se maîtriser. Le contrôle pour seul réel amant, malgré la quantité de corps qu'elle rencontre. Le jeu de l'amour, l'amour du jeu. Et dans son lit, jamais de larmes. Un peu de solitude mais le sentiment grisant de vivre jusqu'au bout de sa folie.

lundi 1 septembre 2008

Confession.

J'aurais aimé rester au lit jusqu'à midi en paressant, pour le simple plaisir de me coller contre toi. Ça aurait suffi à calmer mes angoisses et mon envie de me lever pour me trouver quelques choses à faire. J'aurais aimé ça.

J'aurais voulu que tu sois là pour me rassurer de te vouloir près de moi, pour que j'arrête de penser aux yeux de cet inconnu qui m'ont troublée plus que je ne vais l'admettre à qui que ce soit.

J'aurais aimé que tu prennes ta place auprès de moi, pour me sauver de m'inventer des amants qui n'ont plus des visages aussi inconnu qu'avant. J'attend le souffle court, je cherche une issue qui m'empêcherait de glisser dans cette trape qui s'ouvre devant moi.

Chéri, je n'ai pas touché sa peau mais si je n'y ai pas pensé mille fois depuis hier soir, je n'y ai pas pensé du tout.

mercredi 16 juillet 2008

Garder le silence.

Malgré tout le chamboulement, j'ai une grande paix qui m'habite. Malgré mes craintes, mes angoisses, ma peur de tout gacher, je garde le cap. Je souris.

Et la vie me rend mon sourire.

Un jour j'arriverai à écrire ce que je garde fragilement sous silence.

Je suis heureuse.

mardi 8 juillet 2008

Le vertige (2e Partie)

Une personne d'apparence désorganisée ne fait pas le grand ménage sans raison (en avoir marre n'est pas assez fort pour en venir à bout croyez moi). Vous pouvez bien vous demander quelle mouche m'a piquée. Et bien, j'attend un visiteur, à qui j'aimerais me présenter comme neuve, avec tout juste ce qu'il faut de résidu de ma vie passée pour me rendre jolie.

Comme je l'ai mentionné plus tot, je me suis réveillée avec le soleil et j'ai commencé ce ménage presqu'aussitot. Des souvenirs refont surfaces. Des émotions enfouis. Des amitiés brisées, des passions stériles, des rêves oubliés.

Comme celui d'entrer au conservatoire d'art dramatique.

J'ai le vertige. Tout ça c'est la faute de la mouche.

jeudi 3 juillet 2008

Le parapluie.

«Si elle passait autant de temps à attendre, c'est qu'elle souhaitait inconsciemment qu'ils prennent une décision pour elle.»

La pluie tombait régulièrement sur les feuilles. Le son de l'eau qui s'écoulait lentement et tout aussi régulièrement dans les caniveaux était rassurant. Elle aimait aussi le bruit des pneus trempés sur la chaussé qui venait casser ce rythme trop régulier. C'était stimulant.

Elle avait laissé la porte grande ouverte pour garder cette odeur mouillée et le vent frais entrait en frolant les rideaux de l'appartement. Elle avait un peu froid. Pourtant, elle restait là, à observer le traffic sous cette pluie matinale, appréciant la brise qui venait durcir ses mamelons sous son t-shirt trop léger. Elle y prenait plaisir.

Dans toute histoire, à travers les descriptions, vient un moment où l'on voudrait savoir pourquoi le personnage se trouve là, et bien pour aller droit au but, cher lecteur, cette jeune demoiselle attend.

Elle attendait. En espérant s'hypnotiser dans l'instant présent, elle échouait sans cesse. Ce moment qui aurait pu être si joli s'il s'était arrêté juste avant était à présent gaché par ses éternels balancements entre un passé et un futur. Tout deux hors de contrôle. Comme ce frisson qui lui traverse le coprs quand elle se rappelle leurs nuits d'amour. Elle oscillait entre les deux, oubliant ce qui l'entourait, puisque trop fade pour se comparer à un souvenir embellie par l'attente. Le monde se déroulait devant ses yeux, à une vitesse folle, et parfois elle se réveillait en sursaut pour s'apercevoir que sa vie passait, et qu'elle ne faisait que sauter d'une semaine à l'autre sans autre but précis que d'avancer plus vite vers cette journée convoitée.

Dehors, la pluie s'intensifiait et les passants, aussi inutile que cela puisse paraître, défilait sous leur parapluie coloré. Quand on y pense, rien de mieux qu'un parapluie pour se créer un univers à soi. Elle les observait, convoitant leur bulle, enviant ceux qui s'y baladait à deux. Et ne pouvant être contrée, l'attente reprenait de plus belle. Un jour, elle aurait son parapluie avec lui.

Maintenant que nous savons qu'elle est en train d'attendre, une autre question s'impose. Pourquoi ? Voyons voir...

Elle n'attendait qu'un signe de sa part pour se fixer, éclairer ses idées à elle, incapable qu'elle était de se jeter à coeur perdu dans une relation ou d'en ressortir avant que l'autre ne l'entoure de sa réalité. Mais, il ne répondait pas et elle comptait les secondes, les goutes de pluie, les grains de poussière, et son désir grondait.

Un éclair de lucidité aurait pu la frapper à cet instant même mais je crois que c'en aurait été trop pour elle. Je me dois donc de vous expliquer ma théorie.

Peut-être qu'un jour, elle avait eu un parapluie. Peut-être qu'elle l'avait égaré, inscouciante qu'un jour, des mauvais temps couvriraient son monde ensoleillé. Peut-être qu'ensuite elle avait fait un bout de chemin, s'abritant ici et là, pour un jour arriver près de lui.

Et selon moi, ce qui arrive ensuite est d'un classique tel qu'il me répugne de sauter dans toutes ces flaques de clichés en vous les racontant. Mais c'est tellement beau que... bon voilà.

Sous ce parapluie, ils se sont embrassé, puis sont devenu charmant et charmée. Ils se sont aimé sans trop se poser de questions et tranquillement, il lui est entré dans la peau.

Pour revenir à notre point de départ, l'ombre au tableau se profile, quelques nuages, et 90% de probabilité d'averses. Un seul parapluie c'est bien beau pour deux, mais la distance, les aléas de la vie et le prix de l'essence séparent nos deux amants. Elle se retrouve donc expulsée du-dit parapluie.



À attendre...





mardi 25 mars 2008

Pendant ce temps, je continue de sourire...

Je sais que je n'ai pas dit grand chose. J'étais terrifiée, comme une enfant devant son premier «crush» qui croit que tout est magique et que tout va se mettre en place par hasard. Il n'y a pas de hasard. C'est pour ça que j'ai oublié de te poser un paquet de questions. Je ne voulais pas t'ennuyer avec ça. Comme: Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas regardé dans les yeux ? (Es-tu seulement capable de te regarder dans un miroir ?) Pourquoi n'as-tu rien dit ? (T'arrive t'il de réellement dire quelque chose ?) J'ai voulu voir ton potentiel plus que ce que tu avais à m'offrir sur le moment. Je me suis dit qu'en te donnant ce que je pouvais, qu'en arrachant un bout de moi, peut-être que j'arriverais à allumer cette lueur que je voulais voir apparaître sur ton visage. Ça n'a pas fonctionné. Je t'ai regardé partir, abasourdie, insconciente sur le coup de tout ce que ça avait voulu dire à mes yeux. J'y ai laissé une part de moi-même un peu plus grande que je ne le croyais, et en ai gagné une autre, toute petite, étrangère, nouvelle. J'ai une autre question : t'étais-tu aperçu qu'elle était percée ? ( Un joli losange bleu, comme une signature de ton passage en moi. Merci du cadeau. ) Ceci dit, en y repensant, j'ai eu la vague impression que tu étais en train de te noyer. C'est peut-être moi, mais en te voyant là, te débattre, j'ai voulu sauter. Je me suis rappelé un peu trop tard que je ne savais pas nager. Je suis donc revenue doucement sur le plancher des vaches. Et malgré toute la peine que j'ai eu à te regarder couler, je me suis dit que, somme toute, j'allais continuer de sourire...

samedi 22 mars 2008

Un jour de printemps ou « Pensées décousues sur la rive sud»

C'était un jour de printemps mais on avait peine à y croire tellement la blancheur hivernale tardait à s'estomper. Moi qui avait eu peur que mon premier hiver en ville soit moche et gris, voire même brunâtre, j'avais été servi. Avec le retour du beau temps au menu, ces gracieuses congères d'autrefois allaient fondre, menaçant ainsi d'inonder toute l'île de Montréal. J'allais devoir apprendre à nager. J'avais plutot décidé de m'enfuir pour la fin de semaine.

Notre histoire débutait donc dans un bus, à mon étonnement assez plein, qui voguait en direction de Sorel, sur cette charmante Route 132. Le paysage industrialisé et morne qui défilait allait bientôt laisser place aux arbres longeant un fleuve, lequel ne scintillait pas, j'étais déçue, ayant oublié l'immense quantité de neige qui l'abrillerait.

Bref, l'histoire commençait plutot dans le bleu des yeux brillants de ce bébé me dévisageant du haut des cuisses de sa mère. Elle était seule. Je veux dire, évidemment dans l'autobus tout le monde pouvait voir qu'elle n'était pas accompagnée, mais à la voir serrer son enfant contre elle, comme un bouclier, je devinais ou plutot, mon intuition me disait que le père ne se trouvait ni au point de départ, ni au point d'arrivé de ce trajet d'autobus un peu trop long pour voyager seule avec un si petit bout d'humain et les accessoires à trimballer avec lui.

J'ai souris pendant qu'elle détournait la tête et, à la dernière minute, elle m'a vu. Ses yeux sont revenu sur moi et sa jolie bouche a esquissé un sourire. Elle portait des verres fumés qui lui mangeait la moitié du visage, comme si voir au travers d'eux la protégeait de quelque chose, peut-être d'être blessée à nouveau ou simplement du reflet de la neige en ce jour de mars encore trop froid.

Je me suis surprise à penser qu'à partir du moment où une femme porte un enfant, elle n'était plus seule dans sa tête quand venait le moment de trouver un autre homme. Est-ce qu'on hérite d'une petite voix intérieure qui nous mets en garde contre ceux qui ne seront pas apte à prendre soin de soi et d'un petit ? J'essayais d'imaginer comment je réussirais à trouver quelqu'un en étant deux et pas juste moi-même. Aïe...

Je me demandais pourquoi il était parti, et s'il avait eu le temps d'apercevoir le bout du nez de la jolie frimousse que j'avais devant moi. Et à ce moment, elle a enlevé ses lunettes fumées, j'ai pu voir ses yeux et son visage en entier, elle était belle. Un petit quelque chose se dégageait d'elle qui donnait envie de la protéger. J'aurais voulu être un homme pour lui dire que je m'occuperais d'elle et de la petite, et que plus jamais elle n'aurait à prendre l'autobus toute seule, un bambin sur les genoux et le coeur au fond de sa poche. Mais comme ce n'était pas le cas, aussi bien oublier ça tout de suite, j'ai souris. Elle m'a rendu le sourire. Il y avait un je-ne-sais-quoi dans ses yeux qui confirmait mes soupçons, elle a remis les lunettes.

J'ai laissé mon regard errer. Le trajet tirait à sa fin, le bébé s'était endormi. Chaque fois que ses yeux croisaient les miens derrière ses verres noirs, la jeune maman me renvoyait mon sourire comme un miroir. C'était un peu troublant.

Je me suis vu à sa place, remettre l'enfant dans le porteur, lui replacer son foulard, prendre le tout sur son dos et aggriper le sac d'une main. Je l'ai regardé descendre l'allée, puis les marches de l'autobus. L'espace d'un court instant, je me suis dit qu'elle avait beaucoup de courage. En lisant, le nom de la rue qu'elle allait emprunter, mon cerveau encore un peu embrouillé a changé une lettre pour que j'y lise:
RUE de la PRIÈRE.

Je ne savais pas si j'allais prier pour elle, mais j'allais pour sure y penser et lui envoyer de l'amour. Nous étions tous passé au travers de l'hiver, le printemps revenait et le soleil la réchaufferait elle aussi tôt ou tard.

jeudi 24 janvier 2008

Planter des graines

Et puis chaque fois que j'ai voulu lui écrire je m'en suis abstenue. Comme si je m'interdisais d'avoir tout sentiment pour lui, comme s'il me l'avait défendu. C'était presque ce qu'il avait fait. Pourtant je n'avais pas demandé à le revoir, moi. J'étais juste bien heureuse de l'attention qu'il m'avait accordée et je prenais bien garde à ne pas gâcher ce moment de pure jouissance. Des graines d'amour, c'est ce que j'avais semé en moi en espérant que quelqu'un voudrait bien les arroser. Je les voulais grandes, je voulais les crier au monde entier, de joie, de peine, mais de quelque chose. Pas du vent, je n'avais pas semé de tempête, je récoltais du vide. Où avais-je bien pu me tromper... Je ne sais pas. À présent, j'attendais. D'une attente lourde, sans bruit, en sachant que rien d'autre ne saurait me contenter. J'attendais dans l'escalier, j'attendais sous la douche, sur mon lit, devant la cuisinière. Je voulais qu'il revienne poursuivre cette étreinte trop brève à mes sens. Je voulais m'oublier dans ses bras une heure de plus, juste une petite heure. Ce n'était pas trop demander je crois. Patiemment je comptais les jours, je les vivais, chacun d'eux plus intensément que la veille. Chaque fois bénissant ces heures où mon coprs avait dégusté le sien. C'était fini. Pour le moment. J'avais planté des graines d'amour dans mon ventre, dans l'espoir que quelqu'un les arose. Mais lui était arrivé avec un parapluie...

mercredi 19 décembre 2007

Le poids du monde sur mes épaules...

Quand j'ai vu ses yeux verts, je me suis dit que je pourrais continuer de regarder dedans pour toujours. Je sais c'est cliché. Elle parlait, et j'avais l'impression étrange qu'on aurait pas dû maintenir le contact visuel aussi longtemps. J'étais hypnotisée. L'ambiance glauque de la station Laurier faisait ressortir son visage lumineux. Elle avair l'air intelligent, un peu comme un chat. J'ai souris, elle aussi. On a parlé plus longtemps qu'on ne l'aurait dû, de voyages, d'avenir, de sauver la planète. Si j'avais pu j'aurais pris le poids du monde sur mes épaules pour qu'elle s'y sente mieux. Le problème c'est que le monde, c'est lourd, ça écrase. Je me sentais toute petite, et ses yeux verts étaient si grands que je me noyais dedans. Un vert foncé, tirant sur le brun-jaune. Kaki, comme certains diraient. Mais comme je n'arrivais pas à décider si j'aimais ce mot ou pas, je préfèrais m'en tenir à vert. Je me suis dit qu'elle était belle mais au fond à part son visage, je n'en savais rien. Il faisait si froid que son manteau camouflait jusqu'à la forme de sa tête. Je m'en moquais, j'admirais ses yeux comme d'autres se tiennent la main. On en est restée là, je l'ai saluée et je suis repartie, trainant le monde sur mon dos.

Dit-moi qu'un jour, on se reverra, et je te montrerai comment on tient le monde à deux, dans le creux de nos mains, et comment, si on souffle dessus, juste un peu, comme ça tu vois, il tournera sans nous jusqu'à ce que nous soyons légères... légères... légères...