dimanche 30 mars 2008

Mon coeur... comme une pelote à épingle.

Chaque minute de retard, une aiguille.
Chaque seconde de plus sans recevoir le coup de fil promis, dix aiguilles.
Chaque «Ah je m'excuse, j'ai complètement oublié!», cent aiguilles.
Chaque «Désolé, il faut vraiment que je parte» après qu'on ait fait l'amour, mille aiguilles.
Chaque fois, je me disais que tu finirais par les enlever une à une. Jusqu'à ce que je m'apercoive que chaque fois que tu en retirais une, je n'arrivais plus à compter celle qui se rajoutaient.
J'ai mis du temps à comprendre que j'étais la seule à pouvoir refuser, à pouvoir comprendre et partir, à pouvoir pardonner.
Merci, grâce à toi, j'ai ouvert les yeux. J'ai rencontré un type bien qui n'a pas pu ôter ces épingles à ma place, mais il me souriait et jamais aucune autre n'est venu se planter dans mon petit coeur.

Je me suis mise à la couture depuis. Je me confectionne de jolies robes, celle que tu répugnais tant à me voir porter, de peur que je puisse me rendre compte que j'étais belle moi aussi. Mais sincèrement, de mon coté, je te trouve beaucoup plus beau depuis que je t'ai empaillé. Tu m'es surtout très utile... quand j'ai besoin d'une pelote à épingles.

mardi 25 mars 2008

Pendant ce temps, je continue de sourire...

Je sais que je n'ai pas dit grand chose. J'étais terrifiée, comme une enfant devant son premier «crush» qui croit que tout est magique et que tout va se mettre en place par hasard. Il n'y a pas de hasard. C'est pour ça que j'ai oublié de te poser un paquet de questions. Je ne voulais pas t'ennuyer avec ça. Comme: Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas regardé dans les yeux ? (Es-tu seulement capable de te regarder dans un miroir ?) Pourquoi n'as-tu rien dit ? (T'arrive t'il de réellement dire quelque chose ?) J'ai voulu voir ton potentiel plus que ce que tu avais à m'offrir sur le moment. Je me suis dit qu'en te donnant ce que je pouvais, qu'en arrachant un bout de moi, peut-être que j'arriverais à allumer cette lueur que je voulais voir apparaître sur ton visage. Ça n'a pas fonctionné. Je t'ai regardé partir, abasourdie, insconciente sur le coup de tout ce que ça avait voulu dire à mes yeux. J'y ai laissé une part de moi-même un peu plus grande que je ne le croyais, et en ai gagné une autre, toute petite, étrangère, nouvelle. J'ai une autre question : t'étais-tu aperçu qu'elle était percée ? ( Un joli losange bleu, comme une signature de ton passage en moi. Merci du cadeau. ) Ceci dit, en y repensant, j'ai eu la vague impression que tu étais en train de te noyer. C'est peut-être moi, mais en te voyant là, te débattre, j'ai voulu sauter. Je me suis rappelé un peu trop tard que je ne savais pas nager. Je suis donc revenue doucement sur le plancher des vaches. Et malgré toute la peine que j'ai eu à te regarder couler, je me suis dit que, somme toute, j'allais continuer de sourire...

lundi 24 mars 2008

La petite marquise

Elle est si jolie
La petite Marquise
Des souliers neufs
Et un foulard brodé
On se plait à la regarder
Descendre la rue sagement

Elle fait tourner les têtes
La petite Marquise
Sa peau est blanche
Ses cheveux sauvages
On ne se lasse de l'admirer
Dans ses yeux danse la lumière

Ce qu’elle est charmante
La petite Marquise
On lui offre des cadeaux
On la gâte, oui on peut dire
Qu’elle est à croquer
Dans ses nouveaux atours

On prend bien soin d’elle
La petite Marquise
On l’aime, on la cajole
On joue avec elle
On la couvre de caresse
Parfois même un peu trop

Mais elle ne dit rien
La petite Marquise
Ses yeux filtrent la pluie
Personne ne lui dit
Qu’elle est trop jeune
Pour connaître ces jeux-là

Elle rêve de s’envoler
La petite Marquise
D’ouvrir grandes ses ailes
D’étreindre les nuages
De visiter l’ailleurs
Et voir si c’est aussi étrange

Elle choisi d’oublier
La petite Marquise
Elle a perdu son foulard
Et ôté ses souliers
Juste avant de sortir
Elle sourit et part doucement…

Premier Jet. 29/01/06

samedi 22 mars 2008

Un jour de printemps ou « Pensées décousues sur la rive sud»

C'était un jour de printemps mais on avait peine à y croire tellement la blancheur hivernale tardait à s'estomper. Moi qui avait eu peur que mon premier hiver en ville soit moche et gris, voire même brunâtre, j'avais été servi. Avec le retour du beau temps au menu, ces gracieuses congères d'autrefois allaient fondre, menaçant ainsi d'inonder toute l'île de Montréal. J'allais devoir apprendre à nager. J'avais plutot décidé de m'enfuir pour la fin de semaine.

Notre histoire débutait donc dans un bus, à mon étonnement assez plein, qui voguait en direction de Sorel, sur cette charmante Route 132. Le paysage industrialisé et morne qui défilait allait bientôt laisser place aux arbres longeant un fleuve, lequel ne scintillait pas, j'étais déçue, ayant oublié l'immense quantité de neige qui l'abrillerait.

Bref, l'histoire commençait plutot dans le bleu des yeux brillants de ce bébé me dévisageant du haut des cuisses de sa mère. Elle était seule. Je veux dire, évidemment dans l'autobus tout le monde pouvait voir qu'elle n'était pas accompagnée, mais à la voir serrer son enfant contre elle, comme un bouclier, je devinais ou plutot, mon intuition me disait que le père ne se trouvait ni au point de départ, ni au point d'arrivé de ce trajet d'autobus un peu trop long pour voyager seule avec un si petit bout d'humain et les accessoires à trimballer avec lui.

J'ai souris pendant qu'elle détournait la tête et, à la dernière minute, elle m'a vu. Ses yeux sont revenu sur moi et sa jolie bouche a esquissé un sourire. Elle portait des verres fumés qui lui mangeait la moitié du visage, comme si voir au travers d'eux la protégeait de quelque chose, peut-être d'être blessée à nouveau ou simplement du reflet de la neige en ce jour de mars encore trop froid.

Je me suis surprise à penser qu'à partir du moment où une femme porte un enfant, elle n'était plus seule dans sa tête quand venait le moment de trouver un autre homme. Est-ce qu'on hérite d'une petite voix intérieure qui nous mets en garde contre ceux qui ne seront pas apte à prendre soin de soi et d'un petit ? J'essayais d'imaginer comment je réussirais à trouver quelqu'un en étant deux et pas juste moi-même. Aïe...

Je me demandais pourquoi il était parti, et s'il avait eu le temps d'apercevoir le bout du nez de la jolie frimousse que j'avais devant moi. Et à ce moment, elle a enlevé ses lunettes fumées, j'ai pu voir ses yeux et son visage en entier, elle était belle. Un petit quelque chose se dégageait d'elle qui donnait envie de la protéger. J'aurais voulu être un homme pour lui dire que je m'occuperais d'elle et de la petite, et que plus jamais elle n'aurait à prendre l'autobus toute seule, un bambin sur les genoux et le coeur au fond de sa poche. Mais comme ce n'était pas le cas, aussi bien oublier ça tout de suite, j'ai souris. Elle m'a rendu le sourire. Il y avait un je-ne-sais-quoi dans ses yeux qui confirmait mes soupçons, elle a remis les lunettes.

J'ai laissé mon regard errer. Le trajet tirait à sa fin, le bébé s'était endormi. Chaque fois que ses yeux croisaient les miens derrière ses verres noirs, la jeune maman me renvoyait mon sourire comme un miroir. C'était un peu troublant.

Je me suis vu à sa place, remettre l'enfant dans le porteur, lui replacer son foulard, prendre le tout sur son dos et aggriper le sac d'une main. Je l'ai regardé descendre l'allée, puis les marches de l'autobus. L'espace d'un court instant, je me suis dit qu'elle avait beaucoup de courage. En lisant, le nom de la rue qu'elle allait emprunter, mon cerveau encore un peu embrouillé a changé une lettre pour que j'y lise:
RUE de la PRIÈRE.

Je ne savais pas si j'allais prier pour elle, mais j'allais pour sure y penser et lui envoyer de l'amour. Nous étions tous passé au travers de l'hiver, le printemps revenait et le soleil la réchaufferait elle aussi tôt ou tard.

mercredi 19 mars 2008

Mais que faire de tous ces hommes, de toutes ces femmes qui ne demandent qu’à être aimé ?

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RÉPONSE DU PUBLIC.
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«On continuera de les aimer, jusqu'à notre dernier souffle. On ne peut faire autrement, tu sais. Ils nous ouvrent grand les bras et leur chaleur nous est si réconfortante. On les aime, le temps d'une nuit, le temps d'une vie, c'est si vite passé de toute façon. »

«Ils sont nombreux, sans aucun doute c'est difficile de tous les avoir. C'est pourquoi je les embrasse, pas juste avec ma bouche, mais avec mes yeux, mon âme, mon coeur. Je crois bien qu'il est assez grand pour tous les aimer. »

« On les brule, comme des papillons sur une lumière. On les brule avec toute la passion dont on est capable. Ceux qui survive...eh bien, rendu là, je ne sais plus quoi faire d'eux.»

« C'est bon son idée... Et si on faisait un grand feu ? Un grand feu de Saint-Jean, et on l'alimentera avec toutes ces personnes qui ne demande qu'à être brulée. À la fin, on aura qu'à sauter dedans nous aussi...»

« On les oublie, l'un après l'une après l'autre. Aucun d'eux n'est identique, ils se ressembles tous. Peut-être qu'en allant plus vite ?»

« On les aime, tout simplement.»

« Je connais quelqu'un qui a décidé de ne rien faire.»

~~~~

Merci c'est tout le temps que nous avions.

vendredi 14 mars 2008

Danse avec moi.


Non.

Mot de trois lettres, très court. On hésite à le prononcer, on le murmure, on le garde pour soi, on l'empile dans ses tiroirs de peur d'avoir à le resortir. Il nous crispe le coprs, nous donne des sueurs froides...

Oui.

Autre mot court. On le crie, on l'utilise à tort et à travers, on l'use, on le soupire, on le mange, on l'offre à qui le veut bien. Il nous fait ouvrir les jambes, tendre la main...

Encore.

J'en veux plus. Société de consommation qui en redemande, moins de non, plus de oui, plus encore. Puisqu'on n'est jamais satisfait aussi bien être honnête et le dire. J'en veux encore.

Je t'aime.

On en oublie la signification, l'amour est à la mode, on doit aimer notre travail, notre quartier, notre homme et même l'hiver s'il faut mais on doit aimer à tout prix, avoir des passions à défaut de quoi, notre existence ne vaut même pas la peine d'être mentionnée.

Oui, Je t'aime, moi non plus, encore s'il te plait, non revient, ne pars pas...

mercredi 12 mars 2008

Il n'a fait que passer...

Pour celui qui le lira.
Les deux pieds dans le sable, elle emplissait ses narines de l'air marin. Le soir tombait, et le soleil jouait à la cachette avec la lune qui se pointait de l'autre coté de l'océan. Ils étaient beaux à voir. Ses yeux lui disaient de sourire aux mouettes qui en frolaient la surface liquide d'une seule aile pour repartir en tourbillonnant au dessus de l'eau. Et c'est ce qu'elle faisait, à pleine bouche, de toutes ses gencives et de toutes ses dents, elle souriait à la nature qui l'enveloppait. Elle souriait au vent un peu frais qui lui caressait la joue, aux vagues qui lui lèchait presque les pieds, aux cigales qui ne chantaient que pour elle ce soir, ce soir... Elle se sentait comme une reine. Elle esquissa quelques pas de danse, pieds nus sur la plage. La brise fit voler sa jupe doucement au dessus de ses genoux, et à ce moment là, elle fut belle. Son rire déchira la nuit; un oiseau lui répondit, au loin. Elle fit une révérence à son public et son regard se posa sur le gros rocher derrière elle. Son coeur se serra. L'été avait voulu rester mais Septembre était revenu quand même et l'avait chassé, non sans misère, en lui enlevant quelques degrés ici et là, si bien qu'il avait plié bagages en lui laissant cette dernière journée, comme une promesse qu'il reviendrait l'an prochain. Elle était donc venu lui dire aurevoir, elle, fille de la terre, reine d'un soir à qui on avait repris trop vite un cadeau qu'elle voulait garder. Elle lui souffla un baiser, ses yeux luisaient. Elle ne pleurait pas, lui si joyeux, détestait le chagrin et de toute façon, elle avait oublié comment. Elle alla s'asseoir sur le rocher, celui où elle s'était trouvée la première fois qu'elle l'avait remarqué. En fixant l'horizon, elle enroula ses bras autour de ses jambes, elle sembla rétrécir jusqu'à se faire toute petite. Elle ne bougea plus. Tout ce que l'on pouvait voir était ses pupilles qui brillaient dans le noir. Personne ne savait qu'elle s'était enfuie.

Elle avait parcouru 19 kilomètres sans souliers pour rejoindre l'océan, tout au bout de la côte Ouest. Lorsqu'on la retrouva, le sel avait fait gonfler sa jolie peau et la glace s'était prise dans ses cheveux. Elle voulait que l'été revienne. Il n'avait fait que passer...

samedi 8 mars 2008

Le piège de la création ou «Ce que vous pensez de ce que les gens pensent qu'ils savent sur ce que vous pensez»

FRAGMENTS DE TEXTE
À force de toujours vouloir bien faire, on bloque la vraie création. Celle qui vient de l'intérieur, celle qui nous fait sentir comme si on étale nos tripes à la face du monde. Y a -t'il une limite entre l'art et l'exhibitionnisme ? Est-ce que quelqu'un fait vraiment une distinction ? Alors la peur des autres ou pire de ce qu'ils peuvent bien penser nous attrape, nous hâche, nous broie jusqu'à plus rien d'important. Ça vaut bien une petite mort.
**
Alors commence la ronde des apparences. Vous savez, quand on laisse les mots se coincer au fond de notre gorge avec l'impression terrible que même s'ils sortent à partir de maintenant, il est déjà trop tard. Que le moment a fui, entouré d'anges silencieux aux oreilles des autres mais qui éclatent de rire, d'un rire féroce dans les votres (vos oreilles) jusqu'à ce que vous entendiez votre propre rire se casser le nez sur un miroir (surement le votre aussi).
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Quand vous avez oublié momentanement qui vous êtes par peur de déplaire, quand vous pensez plus longtemps que quelques secondes à toutes phrases non-destinées à un discours devant dix personnes et plus, quand la peur de paraître faible vous mord les entrailles et/ou l'entrejambe : vous vous êtez plantés.
**
J'ai une confidence à vous faire: je me suis plantée. Pire, l'extérieur de mon pot me semble si étrange que j'ai peine à en sortir. Je vous vois, de l'autre coté, dans une autre terre, et je tremble. L'insécurité fait dire de nombreuses bêtises à l'homme.
**
Si j'avais su vous parlez de moi au bon moment, peut-être seriez-vous restés...

samedi 26 janvier 2008

En plus ce soir le lit est froid.

Je voudrais bien pouvoir dormir. Même que je suis cliniquement épuisée mais je souffre aussi d'un second problème et le diagnostique est sans appel: insomnie. J'ai bu une tisane, pris un bain chaud, tenté quelques-uns de ces trucs de grand-mères qui marchent-obligé-sinon-où-va-le-monde, mais cette fois mon cerveau refuse de lâcher prise. Je ne dors pas. Et je me rappelle toutes ces fois où j'avais quelqu'un avec qui partager mon lit et qu'aussitot que ma tête touchait l'oreiller (ou son épaule), je m'endormais comme un bébé. Où sont ces anges ? Pas ici. Du moins, ils se regroupent là où je ne peux les voir. Cependant, ils se doivent d'être quelque part puisque je les entends passer. Les voilà qui repassent. J'approche du moment où je vais, non pas retirer, mais arracher les piles de mon horloge de cuisine.
***
C'est fait.

Merci, c'est tout pour ce soir, allez, rentrez chez vous, le spectacle est terminé.

jeudi 24 janvier 2008

Planter des graines

Et puis chaque fois que j'ai voulu lui écrire je m'en suis abstenue. Comme si je m'interdisais d'avoir tout sentiment pour lui, comme s'il me l'avait défendu. C'était presque ce qu'il avait fait. Pourtant je n'avais pas demandé à le revoir, moi. J'étais juste bien heureuse de l'attention qu'il m'avait accordée et je prenais bien garde à ne pas gâcher ce moment de pure jouissance. Des graines d'amour, c'est ce que j'avais semé en moi en espérant que quelqu'un voudrait bien les arroser. Je les voulais grandes, je voulais les crier au monde entier, de joie, de peine, mais de quelque chose. Pas du vent, je n'avais pas semé de tempête, je récoltais du vide. Où avais-je bien pu me tromper... Je ne sais pas. À présent, j'attendais. D'une attente lourde, sans bruit, en sachant que rien d'autre ne saurait me contenter. J'attendais dans l'escalier, j'attendais sous la douche, sur mon lit, devant la cuisinière. Je voulais qu'il revienne poursuivre cette étreinte trop brève à mes sens. Je voulais m'oublier dans ses bras une heure de plus, juste une petite heure. Ce n'était pas trop demander je crois. Patiemment je comptais les jours, je les vivais, chacun d'eux plus intensément que la veille. Chaque fois bénissant ces heures où mon coprs avait dégusté le sien. C'était fini. Pour le moment. J'avais planté des graines d'amour dans mon ventre, dans l'espoir que quelqu'un les arose. Mais lui était arrivé avec un parapluie...

jeudi 27 décembre 2007

Ils vécurent heureux pour toujours...

Me voilà, me promenant dans une librairie en plein boxing day. Mais qu'est-ce que je fou là ?! J'ai suivi un ami, bien sur. Il m'a promis qu'on ne resterait pas longtemps. J'erre à travers les couleurs, les gens, les couvertures lustrées dont certaines portent la marque bien connue de COUP DE COEUR qui m'horripile tellement que j'ai envie de ne pas acheter le livre juste pour les contredire, mais à quoi ça m'avancerait ? Bon je m'égare...

Mon regard est attiré par un en particulier. Le titre, un peu farfelu, se lit comme suit : Le cycle de rinçage. Wow intéressant... attendez, chers lecteurs, croyez-le ou non, ce livre vous dira comment réussir votre vie de couple ! Et ça continue, l'Art d'être heureux, Le Bonheur, etc... Je poursuis ma route solitaire dans la librairie (en oubliant que je suis entourée de gens hystérique à l'annonce de 20% de rabais) et je m'aperçois que je n'ai jamais vu autant de livre sur le sujet (et venant de moi qui lit beaucoup de trucs de ce genre c'est une remarque assez hallucinante). Mais coudonc... on est dans une époque où s'intruire est plus que facile (merci wikipédia haha) et, malgré tout notre savoir, toute cette belle intelligence, les gens se sentent seuls. Comment je sais ça ? Parce que moi aussi. On s'inscrit sur des sites de rencontres mais on est pas capable de parler à quelqu'un qui attend le même satané bus que nous. On voudrait rencontrer les gens parfaits du premier coup en voulant éviter de dire à quelqu'un qu'on le trouve plate. Résultat: on se retrouve tout seul à se demander pourquoi on est en train de faire du ménage un vendredi soir alors que tous les gens cool doivent faire quelque chose de cool à l'heure qu'il est.

C'est quoi la solution ? Faites-vous confiance bordel. Oui on va se tromper. Non c'est pas grave. Oui, un livre c'est sympatique pour remettre les idées en place, mais je pense qu'on aurait pu y penser tout seul. Oui un site de rencontre c'est sympatique pour rencontrer, mais pourquoi on sort pas un peu plus et on s'ouvre pas à toutes ces belles personnes qui croisent notre route chaque jour.

Bon peut-être que c'est juste moi aussi... mais dans ce cas... heille... PARLEZ MOI DONC.

mercredi 19 décembre 2007

Le poids du monde sur mes épaules...

Quand j'ai vu ses yeux verts, je me suis dit que je pourrais continuer de regarder dedans pour toujours. Je sais c'est cliché. Elle parlait, et j'avais l'impression étrange qu'on aurait pas dû maintenir le contact visuel aussi longtemps. J'étais hypnotisée. L'ambiance glauque de la station Laurier faisait ressortir son visage lumineux. Elle avair l'air intelligent, un peu comme un chat. J'ai souris, elle aussi. On a parlé plus longtemps qu'on ne l'aurait dû, de voyages, d'avenir, de sauver la planète. Si j'avais pu j'aurais pris le poids du monde sur mes épaules pour qu'elle s'y sente mieux. Le problème c'est que le monde, c'est lourd, ça écrase. Je me sentais toute petite, et ses yeux verts étaient si grands que je me noyais dedans. Un vert foncé, tirant sur le brun-jaune. Kaki, comme certains diraient. Mais comme je n'arrivais pas à décider si j'aimais ce mot ou pas, je préfèrais m'en tenir à vert. Je me suis dit qu'elle était belle mais au fond à part son visage, je n'en savais rien. Il faisait si froid que son manteau camouflait jusqu'à la forme de sa tête. Je m'en moquais, j'admirais ses yeux comme d'autres se tiennent la main. On en est restée là, je l'ai saluée et je suis repartie, trainant le monde sur mon dos.

Dit-moi qu'un jour, on se reverra, et je te montrerai comment on tient le monde à deux, dans le creux de nos mains, et comment, si on souffle dessus, juste un peu, comme ça tu vois, il tournera sans nous jusqu'à ce que nous soyons légères... légères... légères...

mardi 18 décembre 2007

En commençant par la fin...

Je t'ai foutu une claque. Tu m'as embrassé, pour l'effet de surprise. Je ne m'attendais à rien.
Tu m'as offert ton plus beau clin d'oeil, je t'ai souris. Mes doigts ont glissé jusqu'aux tiens.
J'ai dit que j'avais froid aux mains. C'était normal puisqu'on marchait depuis quelques minutes déjà et la neige paradait autour de nous en laissant trainer sa robe blanche dans la rue sale.
Tes orteils gelaient un peu dans tes vieilles bottes d'armée mais tu t'en foutais. J'avais dit oui quand tu m'avais proposé d'aller marcher alors c'est ce qu'on faisait. Le plus innocemment du monde.
Je t'ai dit que je te trouvais beau. Tu m'as parlé de tes projets. Tu voulais voyager. Faire le tour du monde quoi. C'était un de tes rêves. J'ai hoché la tête. J'avais compris.
Alors je n'ai pas pleuré, quand tu es parti, comme tu étais arrivé.

***

Alors je n'ai pas pleuré quand tu es parti, comme tu étais arrivé. J'avais compris. J'ai hoché la tête. C'était un de tes rêves. Faire le tour du monde, quoi. Tu voulais voyager. Tu m'as parlé de tes projets.
Je t'ai dit que je te trouvais beau. Le plus innocemment du monde. J'avais dit oui quand tu m'avais proposé d'aller marcher alors c'est ce qu'on faisait. Tes orteils gelaient un peu dans tes vieilles bottes d'armée mais tu t'en foutais. C'était normal puisqu'on marchait depuis quelques minutes déjà et la neige paradait autour de nous en laissant trainer sa robe blanche dans la rue sale.
J'ai dit que j'avais froid aux mains. Mes doigts ont glissé jusqu'aux tiens. Tu m'as offert ton plus beau clin d'oeil, je t'ai souris. Je ne m'attendais à rien. Tu m'as embrassé, pour l'effet de surprise. Je t'ai foutu une claque...

lundi 17 décembre 2007

Mademoiselle Infidèle

Ses cris raisonnaient à mes oreilles. Elle était furieuse. Je tournai le dos, prétextant avoir quelque chose à faire alors que je savais que c'était faux. Elle le savait aussi. Elle criait de plus belle. Je plaquai mes mains de chaque coté de ma tête dans l'espoir d'améliorer la sono.
Peine perdu.

Et puis clac ! Comme un fouet, c'est sorti :

- Tu ne m'écoutes jamais !

- Mais oui je t'écoute. Et chaque fois, je frôle la catastrophe. J'y peux rien si tu veux te conduire comme une idiote.

- Tu comprends rien, je fais ça pour toi...

Je la voyais venir avec sa mine boudeuse. Elle se fit douce, sucrée... et collante, comme du sirop d'érable.

- Et puis... on s'est bien amusées la dernière fois, non ?

Silence.

Ne pas lui répondre. La laisser s'obstiner contre elle-même. Elle aime ça. C'est déjà ce qu'elle est en train de faire de toute façon. Je chassai mes pensées en balayant et me mis à laver minutieusement la vaisselle.

- Alors on le fait ?

Re-silence.

- Je vais prendre une douche.

Je m'approchai du miroir et commençai à me dévêtir. Frémissement subtil au coin de sa bouche. Elle ne souriait pas mais je pouvais lire dans ses yeux. Sa victoire approchait.

J'entrai dans la douche avec la ferme intention de m'ébouillanter. Ma peau rougit et bientôt je me mis à respirer de la vapeur, question de tester mes branchies. Je réussis à m'engourdir. Satisfaite, je risquai un pied hors du bain. J'étais légèrement étourdie. Je fermai les yeux. C'est passé.

J'ouvris la porte.

- Aller on y va.

- Non, c'est complètement insensé.

- Je veux y aller.

- Mais pourquoi ?

- Je veux y aller, bon !

Je patinai, mon cerveau gauche voulut faire une passe à celui de droite mais celui-ci la rata de peu. Je bafouillai.

- Oui mais je n'ai pas envie d'y aller, c'est du suicide et tu le sais.

Elle sourit. Pas un vrai sourire. Juste un plissement au coin de ses lèvres. Mais c'était sa manière de sourire.

- Mais non, ça va aller. T'as toujours la trouille. Tu sais que ça sera un bon moyen...

Elle me fixa et attendit.

- C'est bon t'as gagné. Mais c'est juste parce que je veux pas t'entendre chialer plus longtemps.

Elle ricanait.

- C'est même plus drôle, je gagne tout le temps.

- Fais gaffe je peux encore changer d'idée.

- Tu ne feras pas ça, tu le sais.

J'eus soudain un peu mal au cœur. Je pris mon manteau le plus lentement possible.

- Dépêche-toi, on va être en retard !

(...)

J'en avais plein les poches. Et la neige qui s'agglutinait sur mes cils faisait couler mon mascara. J'avançai bravement jusqu'à l'autobus.

- Grouille !

(...)

- Bon tu vois bien que tout est fermé ça marchera pas.

- Arrête de geindre, il y a surement un autre moyen.

(...)

L'auto glissait. La neige était partout, c'était aveuglant. Mon cœur battait à tout rompre ou du moins à démolir les fondations du Vieux-Québec.

Mon esprit se croyait drôle, qu'est-ce qui m'avait pris de l'écouter.

Le trajet me parut durer quatre jours. Mille fois, je nous vis prendre le fossé d'attaque et rebondir sur la chaussé glissante pour finir notre course dans la rivière. Il s'en fallut de peu. Mais mille fois la tempête nous recracha un peu plus loin comme si elle prenait plaisir à ne pas nous avaler, pour nous goûter plus longtemps.

Ses yeux brillaient. Elle était heureuse ou du moins, sur un très gros "high".

Mon cœur me dit qu'il n'allait pas endurer ça plus longtemps.

Les kilomètres s’égrainèrent les uns après les autres. Je les comptais. Au fond, ça m'était égal. Et puis, il en resta de moins en moins. Je repris espoir.

Finalement arrivée, j'applaudis. Je tremblais.

Je téléphonai à Mathieu pour lui dire que j'étais en vie.

- Oui ? Je suis arrivée... Je sais, c'était dangereux. Non, non, tout va bien... Pourquoi ? Bah, j'en avais envie, c'est tout... Bon j'arrive.

Je raccrochai.

Il ne tombait plus que quelques flocons. Puis je me suis souvenu.

Elle se mit à rire, rire, rire. Un rire aigu.

Je criai.

Mais le son que j'entendis fut celui de mon propre rire. J'exorcisais mon stress, cette chienne de peur a qui j'avais lancé mon pied en pleine gueule.

Je ricanai pendant quelques secondes encore puis je murmurai juste pour moi, tout bas :

- Je te l'avais dit.

dimanche 16 décembre 2007

En regardant passer la neige...

-J'ai peur Papa.

-Je sais, ma grande, ça va passer.

-Papa, pourquoi on vieilli ?

-Parce que c'est comme ça, chéri, c'est dans la nature, toute chose naît, grandi, vieilli et puis meurt.

-As-tu peur de mourir, Papa ?

-Oui, ça m'arrive.

-Moi aussi...

-C'est normal, ma puce.

***

samedi 15 décembre 2007

Le premier jour, dieu créa... zut j'ai oublié.

Je ne me rappelle plus... me voilà bien avancée, sans aide, au beau milieu de nul part, sortant des mots à la chaine pour essayer de réduire une pile de phrases qui ne fait que grossir dans ma tête si bien que ça m'effrait. Comment on fait pour créer ? Est-ce que ça vient bien de nous ou est-ce qu'on sert juste à attraper des ondes qui se promène autour de nous ? Toutes ces réponses ?

Et pourquoi on le fait ?

A) On ne peut pas s'en empêcher.
B) Ça occupe le temps qui passe.
C) On se sent mieux après. (Quoi?)
D) C'est bon pour l'égo
E) Toutes ces réponses ?
...

Je crois que certaines personnes à laquelle une petite fée capricieuse à apposé l'étiquette ''artiste'' durant leur sommeil lorqu'ils étaient enfants sont des gens qui peuvent capter des ondes d'idées qui se promènent dans les parages et que par la suite, ça parasite leur humeur, leurs pensées, leur chum/blonde/entourage si bien qu'ils n'ont plus d'autre choix que de s'asseoir et de tenter de l'exprimer sous une forme quelconque ou quelconque forme. Parfois les deux. Et lorsqu'ils ne le font pas, le temps s'en mêle et se met à passer vraiment... mais vraiment... lentement.... Alors je pense qu'ils n'ont pas le choix, de prendre la plume, le crayon, le pinceau ou le clavier, le micro, le pied, leur corps, tout ce qui leur tombe sous la main (mais pas votre petit frère, c'est déconseillé par santé canada) pour faire naître cet embryon d'idées parasites. Oui après on se sent mieux. Mais ça dure jamais longtemps. Et puis c'est comme une drogue, une sorte de...une sorte de... drogue, dans le fond. Les gens se mettent à nous complimenter et ça aussi, on s'habitue.

Alors le verdict ?

Toutes ces réponses....

Si Dieu s'est vraiment arrêté après 6 jours... Je lui lève mon chapeau.

mercredi 17 janvier 2007

Pastigiat ou « Folie obsessionnelle productive»

Pourquoi tes mots résonnent dans ma tête sans fin tellement que je sens le besoin de les écrire à nouveau mais d’une manière différente pour que personne ne s’en doute a part toi et elle, elle qui l’a deviné mais a qui j’ai pas voulu l’avouer parce que c’est ridicule et complètement idiot, que dis-je c’est insensé bien plus encore que le fait de vouloir te comprendre alors que tu te détestes bien plus que le fait de me sentir privilégiée d’avoir un peu de ton attention même si c’est pas longtemps à chaque fois. Et c’est vrai que lire m’empoisonne. Parce qu’après tes mots ne sortent plus de ma tête et tout recommence encore pour toujours pendant des heures jusqu’à ce que je m’endorme de fatigue d’avoir trop écrit parce que je me sentais coupable de ne pas le faire avec tout ces mots qui tournaient dans ma tête ça aurait été du gaspillage de ne pas les écrire même si c’était ceux de quelqu’un d’autre parce qu’au fond c’est devenu mes pensées et je ne suis pas vraiment une voleuse d’écrivain moins homme que mort et pas tout à fait peintre non plus. Parce que je continue de me sentir coupable même après avoir écrit parce qu’au fond je vais vouloir que quelqu’un me lise et ce quelqu’un va surement être toi puisque je te lis tu dois me lire aussi c’est comme ça pour que je continue d’écrire tu dois écrire encore plus et si je te parle peut-être que je ferai partie de l’histoire un jour. Moi la vivante, entourée de solitude et de ces chats plus humains que d’autres jusqu'à en devenir un moi aussi en me disant que c’est aussi inutile que tenter de capter ton attention en écrivant des âneries parce que je me dis qu’à force de me remplir de tes mots tu finiras par me détester de trop te ressembler même si je ne suis pas un homme alors je me dis que peut-être ça prendra plus de temps mais que ça va arriver quand même parce qu’on aime jamais vraiment ceux qui nous volent nos mots encore moins s’ils ne sont pas mort mais que j’ai pas fait exprès de te lire c’est partie tout seul comme dans maman j’ai jamais voulu faire tomber ce vase tu sais bien que je continue d’écrire seulement parce que je veux que tu continues de me lire plus longtemps pour essayer que mes (tes) mots entrent de force dans ta tête et que tu écrives encore et moi aussi pour que jamais ça s’arrête comme dans les films où ils sont heureux pour toujours sauf que nous on sera pas heureux et ça ne durera pas toujours parce que c’est même pas commencé alors que je voudrais dire au fond bien plus que ce que j’écris pour passer le temps … viens, on s’aimera dans nos solitudes. Toi l’écrivain et moi la folle. Ou le contraire.